Un appel pressant

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1. Un appel pressant

L’histoire nous a montré combien de jeunes ont contribué grandement, par le don généreux d’eux-mêmes, à l’avènement du Royaume de Dieu et au développement de ce monde par l’annonce de l’Évangile. Avec un grand enthousiasme, ils ont porté la Bonne Nouvelle de l’Amour de Dieu manifesté dans le Christ, avec des moyens et de facilités bien inférieurs à ceux dont nous disposons aujourd’hui. Je pense, par exemple, au bienheureux José de Anchieta, jeune religieux jésuite espagnol du XVIème siècle, parti en mission au Brésil âgé de moins de vingt ans, et devenu un grand apôtre du Nouveau Monde. Mais je pense aussi à tous ceux d’entre vous qui donnent généreusement de leur personne pour la mission de l’Église : j’en ai été un témoin émerveillé lors de la Journée Mondiale de Madrid, en particulier lors de ma rencontre avec les volontaires.

Aujourd’hui tant de jeunes doutent profondément de la bonté de la vie et cherchent comment avancer dans la vie. Plus généralement, face aux difficultés actuelles que traverse le monde, de nombreux jeunes s’interrogent : que pouvons-nous faire ? La lumière de la foi éclaire cette obscurité et nous fait comprendre que toute existence a une valeur inestimable parce qu’elle est le fruit de l’amour de Dieu. Il aime aussi celui qui s’est éloigné de lui et l’a oublié. Avec patience, Il l’attend. Bien plus, il a donné son Fils, mort et ressuscité, pour nous libérer radicalement du mal. Et le Christ a envoyé ses disciples pour porter à tous les peuples cette joyeuse nouvelle du salut et d’une vie nouvelle.

Dans sa mission d’évangélisation, l’Église compte aussi sur vous. Chers jeunes, vous êtes les premiers missionnaires parmi vos pairs. À la fin du Concile Œcuménique Vatican II, dont nous fêtons le 50ème anniversaire, le Serviteur de Dieu Paul VI avait adressé aux jeunes du monde, un message qui commençait ainsi : « C’est à vous enfin, jeunes gens et jeunes filles du monde entier, que le Concile veut adresser son dernier message. Car c’est vous qui allez recueillir le flambeau des mains de vos aînés et vivre dans le monde au moment des plus gigantesques transformations de son histoire. C’est vous qui, recueillant le meilleur de l’exemple et de l’enseignement de vos parents et de vos maîtres, allez former la société de demain: vous vous sauverez ou vous périrez avec elle.” Et il concluait par cet appel : « construisez dans l’enthousiasme un monde meilleur que celui de vos aînés! » (Message de Paul VI aux jeunes, 8 décembre 1965).

Chers amis, cette invitation reste encore de grande actualité ! Nous traversons une période de l’histoire de l’humanité très particulière. Le progrès technique nous a offert des possibilités sans précédent d’interaction entre les hommes et entre les peuples. Mais la mondialisation des échanges que nous observons ne sera réussie et ne fera grandir le monde en humanité que dans la mesure où elle sera fondée non pas sur le matérialisme mais sur l’amour, la seule réalité capable de combler le cœur de l’homme et d’unir les peuples. Dieu est amour. L’homme qui oublie Dieu est sans espérance et devient incapable d’aimer son semblable. Voilà pourquoi il est urgent de témoigner de l’existence de Dieu, afin que chacun puisse en vivre. Il en va du salut de l’humanité et du salut de chacun de nous. Celui qui comprend cette nécessité, ne peut que s’écrier avec Saint Paul : « Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile ! » (1 Co 9, 16).

2. Devenez mes disciples

Cet appel missionnaire vous est aussi adressé pour une autre raison : vous en avez besoin pour votre cheminement personnel de foi. Le bienheureux Jean-Paul II écrivait : « La foi grandit quand on la donne » (Encycl. Redemptoris Missio, 2). C’est en annonçant l’Evangile que vous vous enracinez profondément dans le Christ et devenez des chrétiens mûrs. L’engagement missionnaire est une dimension essentielle de la foi : on ne peut être un croyant véritable sans évangéliser. Et l’annonce de l’Évangile n’est autre que la conséquence de la joie d’avoir rencontré le Christ et d’avoir trouvé en lui le roc sur lequel fonder notre existence. En vous engageant à servir les autres et à leur annoncer l’Évangile, votre vie, si souvent éparpillée entre des activités différentes, trouvera son unité dans le Seigneur. Vous vous construirez vous-mêmes, vous grandirez et deviendrez toujours plus riches en humanité.

Mais que signifie être missionnaires ? Être missionnaire suppose d’abord d’être soi-même disciple du Christ, écouter sans cesse l’appel à le suivre, l’appel à le regarder, lui : « Devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur » (Mt 11, 29). Un disciple, c’est donc celui qui se met à l’écoute de la Parole de Jésus (cf. Lc 10, 39), le reconnaissant ainsi comme le Bon Maître qui nous a aimés jusqu’au don de sa vie. Il s’agit donc, pour chacun de vous, de se laisser façonner chaque jour par la Parole de Dieu : elle fera de vous des amis de Jésus, capables d’introduire d’autres jeunes dans cette amitié avec lui.

Je vous conseille de faire mémoire des dons reçus de Dieu pour les transmettre à votre tour. Apprenez à relire votre histoire personnelle, prenez aussi conscience de l’héritage magnifique reçue des générations passées : tant de croyants nous ont transmis la foi avec courage, affrontant parfois de dures épreuves et des incompréhensions. Rappelons-nous toujours que nous faisons partie d’une chaîne immense d’hommes et de femmes qui nous ont transmis la vérité de la foi et qui comptent sur nous pour que d’autres la reçoivent. Être missionnaire suppose de connaître ce patrimoine reçu qui constitue la foi de l’Église : vous devez connaître ce en quoi vous croyez, pour pouvoir l’annoncer. Comme je vous l’ai écrit dans l’introduction du YouCat, le catéchisme des jeunes que je vous ai remis lors de la rencontre internationale de Madrid, « vous devez connaître votre foi avec la même précision avec laquelle un spécialiste en informatique connaît le système d’exploitation d’un ordinateur; vous devez la connaître comme un musicien connaît son morceau ; oui, vous devez être bien plus profondément enracinées dans la foi que la génération de vos parents, pour pouvoir résister avec force et détermination aux défis et aux tentations de ce temps. » (Benoît XVI, Introduction au YouCat)

Pape Benoît XVI
(Extrait du message pour les JMJ 2013)

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